mercredi, 16 mai 2012

Érigé en leader de la Beat Generation, l'écrivain de Sur la route, dont l'adaptation cinématographique sort ce mois-ci, était avant tout un homme en quête de Dieu.

«I am not a beatnik, I am a catholic» («je ne suis pas beatnik, je suis catholique»), écrivait Jack Kerouac dans la préface du Vagabond solitaire. Une assertion en apparence surprenante dans la bouche de celui qui fut, dès son vivant, consacré pape des marginalités, prince de la déviance, chantre de la contestation. Car il est de bon ton de considérer Jack Jean Louis Lebris de Kerouac, écrivain américain d'origine canadienne aux possibles ancêtres bretons, comme tout à la fois le père de la Beat Generation et le grand-père des hippies. Son ouvrage le plus connu, Sur la route, sorti en 1957, est supposé avoir été un évangile de la déréliction pour générations perdues enfantées par le consumérisme des Trente Glorieuses, cherchant leur salut dans l'auto-stop, la frénésie sexuelle, la Benzédrine ou le LSD. lire la suite sur le Figaro.fr

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mardi, 15 mai 2012

André Malraux, L'Espoir

A mesure que la gorge approchait de Linares, le chemin devenait plus large ; les paysans marchaient autour des civières. Les femmes noires, fichu sur la tête et panier au bras, s'affairaient toujours dans le même sens autour des blessés, de droite à gauche. Les hommes, eux, suivaient les civières sans jamais les dépasser ; ils avançaient de front, très droits comme tous ceux qui viennent de porter un fardeau sur l'épaule. A chaque relais, les nouveaux porteurs abandonnaient leur marche rigide pour le geste prudent et affectueux par lequel ils prenaient les brancards, et repartaient avec le han ! du travail quotidien, comme s'ils eussent voulu cacher aussitôt ce que leur geste venait de montrer de leur cœur. Obsédés par les pierres du sentier, ne pensant qu'à ne pas secouer les civières, ils avançaient au pas, d'un pas ordonné et ralenti à chaque rampe ; et ce rythme accordé à la douleur sur un si long chemin semblait emplir cette gorge immense où criaient là-haut les derniers oiseaux, comme l'eût empli le battement solennel des tambours d'une marche funèbre. Mais ce n'était pas la mort qui, en ce moment, s'accordait aux montagnes : c'était la volonté des hommes. André Malraux, L'Espoir.

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Jack Kerouac in french

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dimanche, 13 mai 2012

Camus, La Mort Heureuse

Il lui fallait maintenant s'enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui en lui restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. Il se dévêtit, descendit quelques rochers et entra dans la mer. Elle était chaude comme un corps, fuyait le long de son bras, et se collait à ses jambes d'une étreinte insaisissable et toujours présente. Lui, nageait régulièrement et sentait les muscles de son dos rythmer son mouvement. A chaque fois qu'il levait un bras, il lançait sur la mer immense des gouttes d'argent en volées, figurant, devant le ciel muet et vivant, les semailles splendides d'une moisson de bonheur. Puis le bras replongeait et, comme un soc vigoureux, labourait, fendant les eaux en deux pour y prendre un nouvel appui et une espérance plus jeune. Derrière lui, au battement de ses pieds, naissait un bouillonnement d'écume, en même temps qu'un bruit d'eau clapotante, étrangement clair dans la solitude et le silence de la nuit. A sentir sa cadence et sa vigueur, une exaltation le prenait, il avançait plus vite et bientôt il se trouva loin des côtes, seul au coeur de la nuit et du monde. Il songea soudain à la profondeur qui s'étendait sous ses pieds et arrêta son mouvement. Tout ce qu'il avait sous lui l'attirait comme le visage d'un monde inconnu, le prolongement de cette nuit qui le rendait à lui-même, le coeur d'eau et de sel d'une vie encore inexplorée. Une tentation lui vint qu'il repoussa aussitôt dans une grande joie du corps. Il nagea plus fort et plus avant. Merveilleusement las, il retourna vers la rive. A ce moment il entra soudain dans un courant glacé et fut obligé de s'arrêter, claquant les dents et les gestes désaccordés. Cette surprise de la mer le laissait émerveillé. Cette glace pénétrait ses membres et le brûlait comme l'amour d'un Dieu d'une exaltation lucide et passionnée qui le laissait sans force. Il revint plus péniblement et sur le rivage, face au ciel et à la mer, il s'habilla en claquant des dents et en riant de bonheur.

Camus, La mort heureuse.

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samedi, 12 mai 2012

Didier Decoin

Un bout du monde sur la presqu'île du Cotentin : c'est dans sa propriété agrémentée d'un jardin de curé que le romancier, scénariste et actuel secrétaire général de l'Académie Goncourt élit domicile, le temps des vacances, depuis une trentaine d'années. Un port d'attache idéal pour ce marin averti. 

 

En quittant Cherbourg, la route se rétrécit peu à peu pour longer la côte. Les bruyères n'ont pas encore fleuri sur les murets de granit, les vaches nous tournent le dos, préférant sans doute regarder la mer. Pour un peu, sous cette pluie battante et ce brouillard diffus, on se croirait dans l'univers des soeurs Brontë. Mais Didier Decoin nous avait prévenus : ici, c'est le bout du monde.  
L'écrivain se partage entre deux maisons. L'une est située près de Paris. L'autre se niche à la pointe de la Hague, face à la mer et aux îles Anglo-Normandes. C'est là que le président des Ecrivains de marine nous a donné rendez-vous. On pousse un portail discret, et le jardin apparaît avec ses figuiers et ses agapanthes, ses nénuphars et ses grenouilles, ses dalles bien lissées qui mènent à la véranda peinte de frais. On devine aussitôt le lien avec son nouveau livre, Je vois des jardins partout : une autobiographie végétale qui commence à Paris, boulevard Richard-Wallace, au-dessus d'une écurie de course, donnant sur le bois de Boulogne à perte de vue. C'est là que, tout bambin, il respire les grappes de seringat, les fleurs de sureau, les chèvrefeuilles et les buis "qui sentent fort le pipi de chat". Plus tard, il poursuivra son éducation du côté de Bagatelle, développant sa passion pour les jardins, régionaux ou étrangers, lointains ou accessibles. Lire la suite sur l'express.fr

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jeudi, 10 mai 2012

L'énigme du bourdon

Une étude en aéronautique a démontré que vu sa corpulence et la taille de ses ailes, le bourdon est un animal qui ne devrait pas pouvoir voler. Mais comme il ne le sait pas, il vole. Si un jour vous avez l'occasion de bavarder avec un bourdon, ne lui révélez surtout pas les conclusions de cette enquête car il risquerait de se poser et ne jamais redécoller. A découvrir le site de l'auteur Dan Marron, passion écriture...

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